Chaque cité - Héliopolis, Thèbes, Memphis - avait son récit de la création. Mais, le fondement reste le même : l'ordre divin l'a emporté sur le Chaos. Les divinités, universelles ou abstraites, constituent les éléments naturels de base : le Ciel, la Terre, l'Eau et l'Air. De ces éléments naquit la vie végétale, animale, humaine.
Vers le milieu du IVe millénaire apparaîssent les premières représentations de divinités. En perdant leur caractère abstrait, celles-ci s'incarnent en animaux (zoomorphisme), en êtres humains (anthropomorphisme) et en mélange des deux : corps d'homme et tête d'animal ou l'inverse, silhouette d'humain surmontée de cornes, etc.
La religion occupait une très grande place dans la vie des égyptiens. Elle ne se limitait pas au culte des mort, s'y ajoutait des rites quotidiens : la magie médicinale, l'observation du calendrier, le culte des animaux, les pèlerinages, l'interrogation des oracles, etc. Les dieux occupaient chaque instant de la vie des égyptiens.
Selon la théologie d'Héliopolis
Noun Océan originel qui enveloppe le monde
Atoum Dieu-Soleil
Shou et Tefnout Dieu de l'Air impalpable et déesse de l'Humidité et de la Rosée
Geb et Nout Dieu de la Terre et déesse du Ciel
Le Ka ou l'Esprit-Vie
C'est l'énergie spirituelle qui anime les hommes et les dieux. On peut considérer que c'est la réplique immortelle de l'individu (notre âme ?). Le ka est statique et immuable. Les dieux peuvent en posséder plusieurs, selon leur puissance, ou leur rang dans la hiérarchie théogonique.
Selon les anciens égyptiens, le corps abriterait plusieurs entités :
L'akh
force immortelle insufflée par les dieux, et qui permet au défunt d'accomplir son voyage vers les étoiles. Décrit comme une étincelle lumineuse, on le représente souvent par un ibis.
Le bâ
esprit enfermé dans le corps à la naissance, il reprend sa liberté après la mort. Son symbole est un oiseau à tête humaine.
Le shout
ombre, double immatériel, est indissociable du corps. Il accompagne le défunt lors de son voyage dans l'Au-delà.
Le ren
est un nom donnée à la naissance et est supposé insuffler la vie. On considère qu'il est doté d'une existence propre. Il suffit de l'invoquer après la mort pour faire perdurer l'existence du défunt. Si au contraire, on martèle le hiéroglyphe qui le représente, on voue le défunt à l'oubli éternel. Ce fut le sort d'Akhénaton.
Le ka
qui représente, selon les interprétations, le double vital spirituel de l'individu, son essence divine, sa personnalité propre.
notions complexes et ambigües.
L'Au-Delà
Depuis le IIIe millénaire, les textes funéraires ont mis l'accent sur l'existence possible d'une vie après la mort dans le royaume illuminé d'Osiris.
Les douze cavités de l'Au-Delà
Lorsque la nuit tombe sur l'Egypte, le Soleil, englouti par Noût, la déesse du Ciel, effectue un long voyage nocturne.
Il passe un premier portail gardé par des serpents et pénètre sous l'horizon.
L'Au-Delà, également représenté comme l'intérieur du corps d'un gigantesque serpent, est un espace formé de douze secteurs distincts correspondant aux douze "heures de la nuit". Chaque secteur - semblable à une caverne - est clos par de lourdes portes qui l'isolent des secteurs adjacents. Seule la lueur blême du Soleil permet d'éclairer ce royaume obscur traversé par un Nil souterrain, fleuve de sable sur lequel ne souffle aucun vent.
A chaque franchissement de porte, le Soleil est accueilli par les morts que le halo divin éveille à la vie une heure durant.
Les défunts, espérant obtenir une place dans la barque solaire appelée Mândjet, pour le jour et Mesektet pour la nuit -promesse de survoler le royaume des vivants et d'échapper ainsi à l'obscurité - halent l'embarcation divine d'une porte à l'autre. Lorsque le soleil parvient à l'ultime caverne, quatre babouins s'affairent à ouvrir le dernier portail avant d'annoncer au monde terrestre que l'astre divin s'apprête à briller à nouveau.
Il existe une autre région de l'Au-Delà, plus profonde, que les rayons du soleil n'atteignent pas : l'hetemit (lieu d'anéantissment). C'est içi que les puissances destructrices annihilent les ennemis des dieux.
Le châtiment
Les défunts qui ont été condamnés par le tribunal osirien encourent une terrible punition. Confinés dans des lieux de châtiments, ils sont décapités, brûlés, et leur coeur est arraché par une kyrielle d'effroyables créatures armées de couteaux : ainsi, leur bâ disparaît et les défunts demeurent dans un état de "non-être" qui les prive à jamais d'une vie après la mort.
Les Animaux sacrés
L'oiseau Benou
Oiseau sacré ressemblant à un héron cendré, adoré à Héliopolis et associé au culte solaire.
Lorsqu'il apparaît dans le ciel égyptien, il est porteur de joie et d'espérance ultime, celle d'une renaissance après la mort. L'oiseau Benou est l'éqivalent du Phénix des grecs, oiseau ressemblant à un aigle.
Pratiques et textes sacrés
Amulettes et formules magiques
Les amulettes étaient portées par les anciens Egyptiens en pendentifs ou en bracelets, elles ornaient aussi les morts car leurs pouvoirs s'étendaient dans l'Au-Delà.
Les amulettes pouvaient avoir des formes diverses : scarabée, oeil, croix, sceptre. Elles portaient toutes des inscriptions : nom du porteur, date de naissance, formule magique, etc.
L'usage de la magie était trés répendu parmis toutes les classes de la société. Chaque évènement malheureux était contré par la magie. L'Etat faisait appel à la magie pour se protéger des envahisseurs. Le commun des mortels faisait appel à la magie pour conjurer les maladies.
Les formules magiques étaient tellement complexes que l'on devait s'enquérir de spécialistes.
Les textes sacrées
On les trouvent gravés sur les parois des chambres funéraires et des stèles, inscrits à l'intérieur des sarcophages contenant les momies ou sur des papyrus. Sur les murs intérieurs des pyramides, ces textes représentaient des incantations et des formules magiques qui devaient guider le voyage du pharaon dans le monde souterrain et l'aider à se purifier afin d'accéder à la vie éternelle.
On retrouvera ces inscriptions dans tous les tombeaux des souverains et souveraines de l'Ancien Empire.
Selon la croyance égyptienne, l'esprit doit traverser la nuit pour rejoindre le monde de l'Au-Delà, dans lequel il renaît purifié et rajeuni, sur le modèle du voyage qu'accompli chaque jour et chaque nuit le dieu-Soleil Rê